• Liquidations à la grecque : un polar pour plonger dans la Grèce en crise

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    Pour moi, le polar de l’été (bon OK je n’en ai lu qu’un, mais quand même). Ca s’avale d’une traite et nous laisse avec l’envie d’enchainer immédiatement sur la suite (« Le justicier d’Athènes », de Petros Markaris). C’est en Points poche à 7,30€, un prix de crise.

    Un petit extrait pour le plaisir (qu’on retrouve dans l’extrait pdf gratuit ici):

     

    « Adriani, décryptant mon aveu tacite, a poursuivi l’offensive.

    – Par moments tu es une énigme, mon chéri. Quand tu parles de ta fille, tu es tout sucre tout miel. Et maintenant elle ne mérite pas un petit sacrifice pour son mariage ? Tu ne peux vraiment pas la quitter, ta Fiat ?

    Elle n’avait pas tort, nous étions inséparables. La Mirafiori était la chair de ma chair, je ne pouvais pas la sacrifier. Mais Adriani n’a pas cédé.

    – Plutôt que prendre ta Fiat, je préfère mille fois y aller en pick- up !

    Katérina, qui cherchait toujours des compromis, a proposé la voiture de Phanis.

    – Et qui va la conduire ? demanda Adriani.

    – Phanis.

    – Ma chérie, c’est le père qui conduit la mariée à l’église, pas le marié.

    Pour finir, je me suis persuadé que la Mirafiori ayant quarante ans, mourir dans son grand âge n’était pas un drame. Cette décision apaisait, ou du moins estompait, les tourments de mon âme et en suscitait d’autres plus matériels. Je ne savais quelle marque choisir. Or, quand on ne sait pas, on demande. Et quand on demande, tout s’embrouille.

    – Monsieur le commissaire, ne cherche pas, me conseillait Dermitzakis. Prends une Hyundai. C’est le meilleur rapport qualité- prix. Sans compter que la moitié de la maison roule en Hyundai et que le concessionnaire nous fait des ristournes.

    – N’écoute pas ce que te disent les gars sur les Hyundai et les Nissan, me disait Guikas. Prends une européenne pour être tranquille. Une Volkswagen ou une Peugeot. Ça, c’est de la voiture.

    Finalement, c’est Phanis qui a résolu le problème.

    – Prends une Seat Ibiza.

    – Pourquoi ?

    – Pour être solidaire entre pauvres. En ce moment, les Espagnols et les Portugais en prennent plein la gueule, comme nous. On est les PIIGS[1], les porcs. Donc un porc doit aider l’autre, au lieu de courir après les requins. Jusqu’à présent on a essayé de vivre comme les requins et on s’est noyés, puisque les porcs ne savent pas nager. Par conséquent, tu dois prendre une Seat Ibiza. »

    Incidemment, il a obtenu le prix Le Point du polar européen 2013.

     


    [1] Acronyme formé par les initiales des pays d’Europe les plus fragiles économiquement : Portugal, Italie, Irlande, Grèce, Espagne (Spain).

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