• Chile: terremoto y corrupción

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    La corrupción y el acaparamiento de los bienes destinados a la población, ya en el terremoto de 1939 en Chile, descrito por Isabel Allende en La casa de los espíritus:

    “Los destrozos del terremoto sumieron al país en un largo luto. No bastó a la tierra con sacudirse hasta echarlo todo por el suelo, sino que el mar se retiró varias millas y regresó en una sola gigantesca ola que puso barcos sobre las colinas, muy lejos de la costa, se llevó caseríos, caminos y bestias y hundió más de un metro bajo el nivel del agua a varias islas del sur. Hubo edificios que cayeron como dinosaurios heridos, otros se deshicieron como castillos de naipes, los muertos se contaban por millares y no quedó familia que no tuviera alguien a quien llorar.
    (…)
    El resto del mundo, demasiado ocupado en otra guerra, apenas se enteró de que la naturaleza se había vuelto loca en ese lejano lugar del planeta, pero así y todo llegaron cargamentos de medicinas, frazadas, alimentos y materiales de construcción, que se perdieron en los misteriosos vericuetos de la administración pública, hasta el punto de que años después, todavía se podían comprar los guisos enlatados de Norteamérica y la leche en polvo de Europa, al precio de refinados manjares en los almacenes exclusivos.”

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  • A la coupe du monde, je ne veux plus y aller maman

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    En voyant les manifestations au Brésil, je me suis rappelé d’un article que j’avais écrit il y a trois ans au moment de la coupe du monde de football en Afrique du Sud. Comme il n’avait finalement pas été publié à l’époque (une autre histoire…), un ami m’a suggéré de profiter des circonstances pour le mettre à jour. Après relecture, je me rends en fait compte que c’est en fait inutile. Le voici donc dans sa version originale. Toute similitude avec des faits ou des évènements récents n’est sans doute pas fortuite.

    Coupe du monde de football et développement : bénédiction ou exploitation

    • A l’heure de la globalisation, la coupe du monde de football est un événement au retentissement planétaire. Deuxième manifestation la plus importante en termes d’impact médiatique après les jeux olympiques, elle est sans doute celle qui réunit le plus de peuples dans la même célébration. En 2006, l’édition allemande avait réunit 36 milliards de téléspectateurs cumulés, et nul doute que la finale 2010 en Afrique du sud établira un nouveau record absolu d’audience.
    • A cette occasion, il est de bon ton de louer le fait que le continent africain organise ainsi sa première coupe du monde, lui qui par ailleurs reste le moins développé de la planète, réunissant par exemple selon le classement établit en 2009 par la banque mondiale les 15 pays les plus pauvres selon leur produit intérieur brut par habitant. La coupe du monde 2010 pourrait-elle donc changer la vie des africains ?
    • Une partie de la réponse est à chercher du coté de la fédération internationale de football qui organise cet événement. Les données fournies par les chercheurs du Centre de droit et d’économie du sport (CDES) de Limoges permettent de dresser un tableau assez informatif du fonctionnement de la FIFA. Sur les 2,5 milliards d’euros de recettes dégagées sur la période 2007-2010, ceux-ci estiment des marges bénéficiaires variant entre 24 et 36%, que ne renieraient pas les monopoles les plus efficaces. Quand à la marge d’activité sur l’organisation de compétitions, elle serait elle de 62% !
    • Comment cela est-il possible ? Tout simplement parce que la FIFA commercialise en position de monopole tous les aspects monnayables de ses compétitions. Les juteux droits de retransmission d’abord (près d’un milliard d’euros en 2006), mais aussi tous les droits à l’image sur les produits dérivés. La véritable question qui se pose donc est celle du décalage entre une manifestation commerciale entièrement programmée pour générer le rendement le plus élevé possible, et la réalité locale de son organisation alors même que des discours lénifiants en vantent l’impact positif pour l’Afrique du Sud.
    • Quelles sont vraiment les retombées économique et sociales pour le pays hôte ? En termes globaux, les études disponibles tablent sur un gain ponctuel en termes de croissance situé entre 0,1 et 0,7% du PIB. Si l’on accepte ces estimations sans doute contestables, on reconnaitra qu’il n’y a pas là de quoi changer la vie des populations locales, même dans l’hypothèse improbable ou cette somme atteindrait vraiment les plus nécessiteux. Mais de plus, la réalité locale est beaucoup moins rose. Un récent rapport d’Amnesty International signale que « La réglementation adoptée dans les villes hôtes pour respecter les exigences de la FIFA est utilisée par la police pour éloigner les vendeurs ambulants de sites à accès contrôlé et de zones d’exclusion aux alentours des lieux accueillant la Coupe du monde. Les infractions à cette réglementation sont passibles d’amendes pouvant atteindre (environ 1 000 euros) et de peines pouvant aller jusqu’à six mois de prison. » Les règles FIFA, qui attribuent l’exploitation des activités autour des stades, telles que les stands de nourriture et de boissons, à des vendeurs mis en situation d’exclusivité afin d’en extraire des droits plus élevés, ne sont en rien mitigées par la mise à disposition de stands dans des « zones de marché », dont le prix, inabordable pour les petits vendeurs sud-africains, est de 500 euros. De plus, toujours selon Amnesty International, « Les actes de harcèlement menés par la police contre des vendeurs des rues, des Sud-Africains sans domicile fixe et des réfugiés et migrants vivant dans des centres d’accueil ou des logements surpeuplés dans les quartiers pauvres ont augmenté. Ces destructions ont lieu sans avertissement préalable, en l’absence de toute proposition de solution de relogement satisfaisante ou de compensation, et au mépris du droit national, qui interdit les expulsions forcées.» On le voit, une coupe du monde « propre » se doit d’éloigner les gueux qui demanderaient leur part de la rente ainsi générée et de cacher la misère qui pourrait effrayer les touristes. Rien de vraiment surprenant, puisque ces mêmes comportements de déplacement de populations sont également courants dans le cadre de l’exploitation des ressources naturelles, comme le dénonce depuis longtemps mon collègue Jean-Paul Azam.
    • Au-delà des belles déclarations politiques et des quelques emplois temporaires créés par l’événement, la réalité est que les bénéfices de cette coupe du monde seront largement capturés par la FIFA et ses dirigeants, qui selon le CDES ont dépensé entre 2007 et 2010 plus en charges de fonctionnement que pour le développement du football, par les sponsors et les grands groupes économiques qui ne laisseront que des miettes au fisc sud-africain, ainsi que par les élites locales impliquées dans le développement d’infrastructures dont l’adéquation avec les besoins de développement locaux est souvent douteuse.
    • Dans un contexte ou la FIFA échappe de fait à toute juridiction nationale ou internationale contraignante, ne répondant qu’à ses propres lois, seule l’opinion publique et la circulation d’informations détaillées sur son véritable fonctionnement peuvent changer la donne. Preuve en est le bras de fer engagé par les médias sud-africains avant le début de la compétition pour refuser les conditions d’accréditation et le droit de regard sur les contenus éditoriaux imposés par la FIFA et dénoncés comme abusifs.
    • La question du modèle de développement du sport globalisé, formidable machine à produire de l’argent, doit être posée, sous peine que le football reste un spectacle faisant la joie de millions d’entre nous, mais n’enrichissant qu’une poignée de privilégiés.

    (Juillet 2010) (more…)

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  • Infrastructure-based Stimulus

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    Sylvain Leduc and Daniel Wilson have this very interesting recent paper on the impact of infrastructure spending over the economic cycle.

    We examine the dynamic macroeconomic effects of public infrastructure investment both theoretically and empirically, using a novel data set we compiled on various highway spending measures. Relying on the institutional design of federal grant distributions among states, we construct a measure of government highway spending shocks that captures revisions in expectations about future government investment. We find that shocks to federal highway funding has a positive effect on local GDP both on impact and after 6 to 8 years, with the impact effect coming from shocks during (local) recessions. However, we find no permanent effect (as of 10 years after the shock). Similar impulse responses are found in a number of other macroeconomic variables. The transmission channel for these responses appears to be through initial funding leading to building, over several years, of public highway capital which then temporarily boosts private sector productivity and local demand. To help interpret these findings, we develop an open economy New Keynesian model with productive public capital in which regions are part of a monetary and fiscal union. We show that the presence of productive public capital in this model can yield impulse responses with the same qualitative pattern that we find empirically.

    While I have until now been quite sceptical of the macro literature on the impact of infrastructure investment on growth (I reviewed it in this paper, working paper version here), this contribution is a huge improvement, in particular because of its ability to exploits the formula-based mechanism governing the apportionment of federal highway funds to state governments as a way to identify an exogenous source of highway funding to states, which is reasonably independent of states’ own current economic conditions. The results, in terms of cyclicality of impact and recession vs. expansion effect, have quite interesting implications for the current debate on austerity vs. stimulus plans:

    (…) we find that highway spending shocks positively affect GDP at two specific horizons. There is a significant impact in the first couple of years and then a larger second-round effect after six to eight years. The multipliers that we calculate from these impulse responses are large, between 1 and 3 on impact and between 3 and 7 at six to eight years out. Other estimates of local fiscal multip liers tend to be between 1 and 2.
    We looked at three extensions that relate to the important current policy debate over the efficacy of countercyclical fiscal policy. Infrastructure spending, because it is perceived as being more productive (in the sense of increasing private sector productivity) than other types of spending, is often pointed to as
    an attractive form of Keynesian spending. However, critics argue that the long lags between increases in infrastructure funding and actual spending make it unlikely that such spending can provide short-run stimulus. The results in this paper can help inform this debate. We found that, on average over our 1993–2010 sample period, unanticipated funding increases in a given state boost GDP in the short-run but do not boost employment. While the short-run GDP boost appears to be driven by funding shocks that occur during recessions, employment does not appear to rise even in this case. We also found that the short-run (and long-run) GDP effects of highway funding shocks are smaller for states whose GDP is growing slower than the median state. Overall, these results suggest that highway spending––at least the kind of highway spending typically done over the past twenty years––may not be well-suited to be an effective type of stimulus spending. On the other hand, we found that the highway funding shocks occurring during 2009, the year of the ARRA stimulus package as well as the trough of the Great Recession, had unusually large short-run impacts on GDP. A possible implication is that, on average, highway spending may not be especially effective at providing short-run stimulus, but that it can be more effective during times of very high economic slack and/or when monetary policy is at the zero lower bound.

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  • Reinhart and Rogoff: another one bites the dust

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    Although I am not a macroeconomist, I thought it would be worthwhile posting some links to what is currently agitating the blogo-, twittosphere, namely the debate about the potential debunking of a very influential paper by researchers Carmen Reinhart and Kenneth Rogoff on the adverse growth effects of high debt levels (above 90% of GDP).

    This review on the Bruegel blog, dubbed “the Reinhart and Rogoff debacle“, offers a pretty neat overview of the facts of the matter, including links to the original contributions and the recent criticisms.

    Difficult also to avoid mentioning Paul Krugman’s reaction to the story. The latest NYT OP-ED is probably a good place to start, and he has also had several blog posts in recent days, both on the academic controversy, and on the broader policy issue. It’s true that it is hard to think of a hotter economic policy topic right now, and this comes at a time when austerity is being increasingly challenged in many political, academic and intellectual circles (or at least it seems to me).

    Beyond this, a few thoughts come to my mind:

    – Most economists know very well the limits of the type of empirical exercise that is based on cross-country aggregate data, which is the case of the one conducted by Reinhart and Rogoff. It’s certainly not completely useless, but we have 2 decades of experience telling us about the fragility of such results, in particular when it comes to causality. How is it possible that such papers become so prominent and their lessons taken so seriously (other recent examples include of course the Alesina-Ardagna paper on taxes versus spending already mentioned in the Krugman part above, but also for more development oriented debates, the Burnside and Dollar (2000, American Economic Review) paper on the positive effect of aid on growth among others)? (on a personal note, if I, modest and unknown researcher, were to present today a cross-country exercise in a seminar in front of a knowledgeable academic audience in some high-level university, I would probably not reach the end of the seminar alive. The rules must not be the same for everybody!) In any case, I see a lot of commentators keen to use the conclusions of such papers in opinion pieces, presenting these views to the general public as if there were eternal truths, while in fact all we know is that we don’t know for sure. We need to be a bit more cautious!

    – Should papers proven to be factually or technically wrong be retracted by economic journals, as is common in general science journals? Flawed publications that are maintained are often still quoted as true long after they’ve been proven wrong (well, retracted papers also for that matter, but at least retraction allows this to be addressed). Another example that comes to my mind from the development literature is Emily Oster’s Journal of Political Economy paper on the link between hepatitis B and missing women in India (see this column by Stephan Klasen for a summary). Again, the economic profession is under such pressure to deliver correct diagnostic and to prove it’s free of conflict of interests, that we should probably think harder about how to improve our internal rules, our publication process, etc.

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  • Eau, source de conflits ? Table ronde au Muséum de Toulouse

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    Jeudi 11/04 je participerai à une table ronde ouverte au public au Muséum de Toulouse.

    Les enjeux du partage de l’eau et la capacité des institutions à y faire face

    A l’échelle internationale se jouent déjà des batailles pour l’eau.
    Que ce soient les questions relatives à l’accès, au partage ou à la gestion de cette ressource naturelle, les logiques et les intérêts des acteurs politiques et économiques divergent et donnent déjà naissance à des conflits. De ces derniers nous parviennent des échos alarmants, véhiculés par de grands médias.
    Mais qu’en est-il vraiment ? Les juristes de l’université Toulouse 1 Capitole et les économistes de Toulouse School of Economics (TSE) alimenteront la réflexion collective et citoyenne.
    Les juristes de l’université Toulouse 1 Capitole et les économistes de Toulouse School of Economics (TSE) alimenteront la réflexion collective et citoyenne.

    Je parlerai de ce que je connais, c’est à dire des différentes expériences d’implications du secteur privé dans le domaine de la gestion de l’eau (concessions, privatisations), en particulier en Amérique latine. Il s’agit bien sur d’un sujet plutôt polémique, et je m’attacherai à montrer que les enseignements des différentes expériences à travers le monde sont sans doute plus variés et moins simples que l’on ne l’entend parfois. Je mettrai sans doute un résumé de cette intervention sur le blog dans quelque temps.

    Par ailleurs, j’en profite pour attirer l’attention sur cette note publiée par mon collègue Stéphane Saussier de l’IAE de Paris, sur le lien entre modes de gestion, prix de l’eau et renouvellement des délégations de services publics au niveau des communes françaises (à noter que ce travail s’inscrit dans le cadre de la chaire EPPP, que Stéphane anime depuis plusieurs années, et que j’accompagne comme membre du comité scientifique). Là encore, les résultats sont plus nuancés que beaucoup de discours le laissent entendre.

    L’étude est basée sur une base de données concernant 5 000 collectivités locales constituant un échantillon représentatif de l’ensemble des collectivités françaises (les collectivités de plus de 10 000 habitants sont toutes présentes dans l’échantillon). Ces collectivités ont été interrogées plusieurs fois sur une période de 10 années (en 1998, 2001, 2004, 2008) afin de collecter de l’information sur la production et la distribution d’eau, les prix, les caractéristiques du réseau de distribution, l’origine de l’eau, la qualité de l’eau distribuée, le mode de traitement utilisés, la densité de population, le mode de gestion, la date de début et de fin du contrat de DSP ainsi que d’autres éléments pouvant affecter les coûts de production d’eau et d’exploitation du réseau et in fine, le prix de l’eau (voir l’article correspondant à cette note pour plus de détails : http://chaireeppp.org/node/471). Au final nous travaillons sur un échantillon donnant de l’information sur les réseaux desservant plus de 75% de la population française. 63% des collectivités observées gèrent leur service d’eau en DSP ; 37 % en régie. Nous observons les prix de 1410 collectivités en régie et de 2053 collectivités en DSP ainsi que l’évolution des modes de gestion sur la période 98-08 (…)
    Les résultats que nous obtenons suggèrent que :
    • Le prix s’explique assez bien comme une fonction des difficultés liées à la fourniture du service d’eau
    • L’impact du mode de gestion apparaît comme secondaire dans la détermination du prix payé par le consommateur dès lors qu’on effectue une analyse toutes choses égales par ailleurs. Cet impact doit être différencié selon la taille des collectivités concernées.
    – Le choix de la DSP ou de la régie n’impacte pas sur le prix observé pour les collectivités de + de 10 000 habitants
    – Le choix de la DSP augmente prix observé pour les collectivités de – de 10 000 habitants. Il augmente la facture moyenne d’environ 8%, toutes choses égales par ailleurs
    • La décision des collectivités en DSP de ne pas renouveler le concessionnaire sortant (changement d’opérateur ou retour en régie)
    – S’explique pour les collectivités de + de 10 000 habitants par l’écart entre le prix théorique et le prix observé
    – Ne s’explique pas avec les données à notre disposition pour les collectivités de – de 10 000 habitants
    • La décision des collectivités en régie de passer en DSP
    – S’explique pour les collectivités de + de 5 000 habitants par l’écart entre le prix théorique et le prix observé
    – Ne s’explique pas avec les données à notre disposition pour les collectivités de – de 5 000 habitants
    • La couleur politique et l’identité des maires des collectivités concernées n’influent que très marginalement sur les résultats.

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  • Toulouse Workshop on Procurement and Infrastructure

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    On Thursday and Friday (14-15 mars 2013), I am organizing this workshop on Procurement and Infrastructure.
    It will gather, over two days, researchers from academia and international organizations working on the topics of infrastructure and procurement, with a focus on the particular issues of developing and emerging countries. The program will include research papers, practitioners’ presentations and PhD sessions.Toulouse, France

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