• OGM et éthique scientifique

    science conscience et patience du vitreur Matta

    Suite à ma note précédente sur la controverse relative à l’étude de Gilles-Eric Séralini, je suis rassuré de lire le communiqué publié hier dans le monde par une centaine de scientifiques (Science et conscience), qui sans prendre position sur le fond, expose une inquiétude assez semblable à la mienne sur “l’ecosystème politique” de notre communauté. Extraits:


    D’une part, les scientifiques qui se sont exprimés sur ce sujet l’ont fait en leur nom propre et ne peuvent prétendre représenter la communauté scientifique dans son ensemble. Le fait qu’un groupe d’une douzaine de personnes prétendant représenter six académies ait décidé d’un communiqué commun sans débat est contraire au fonctionnement normal de ces institutions et interroge sur la vision de la science et de la technologie (et de leur utilité sociale) ayant présidé à une telle décision (au contraire, par exemple, du débat organisé par l’Académie des sciences dans le cadre de la polémique sur le changement climatique, à l’issue duquel la responsabilité de l’homme a été avérée). Nous saluons sur ce point la réaction salutaire du seul statisticien de l’Académie des sciences, Paul Deheuvels.

    D’autre part, le protocole suivi dans cette étude présente des défauts qui font débat au sein de la communauté scientifique. Mais en tout état de cause, disqualifier le protocole suivi dans le cadre de cette étude revient à disqualifier du même coup les données ayant fondé les décisions d’acceptation des OGM par les experts. Il est remarquable de voir ces mêmes experts accepter (même s’ils le critiquent parfois) un protocole expérimental quand il donne des résultats qui vont dans le sens de l’acceptation d’une technique et le démolir aussi ardemment quand les résultats vont dans le sens opposé. Ceci est à notre avis totalement contraire à toute déontologie scientifique. Nous affirmons donc que, si les observations en débat méritent d’être confirmées par des expériences de plus grande ampleur, cela s’applique également aux tests qui ont servi à autoriser toutes les plantes transgéniques actuellement sur le marché. Si toute cette histoire aboutit au moins à ce résultat, elle aura été utile.

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  • Some thoughts on controversial GM toxicity study

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    The recent study by Prof. Seralini, which suggested that a genetically modified (GM) maize causes severe disease in rats has generated much discussion. A summary of the situation can be found in this Nature News note.

    The more detailed criticism related to the quality of statistical inferences, the size of the sample, etc., is well exemplified here and here.

    Now, Seralini has published a tribune in Le Monde (in French), which makes a number of fair points, in particular about the asymmetry in the level of exigency applied to his work (sample sizes, availability of data) versus that directed to previous studies used to authorize the maize.

    This certainly does not justify potential statistical or methodological shortcomings of the Seralini study, but one must recognize that studies conducted previously, which led to the authorization of the maize NK603, did not generate such a controversy and mobilization of scientific scrutiny, despite a number of similar shortcomings, not to mention potential conflicts of interest of people involved in them.

    The “politics” of the case gives the impression that we, as a society (as scientists?), seem to be more preoccupied by what economists would call “type I errors” (here, rejecting by mistake the hypothesis that the maize is not toxic given that it indeed is not, i.e. classifying as toxic by mistake, and therefore not authorizing an innocuous product) than by “type II errors” (here, failing by mistake to reject the hypothesis that the maize is not toxic given that it is, i.e. classifying as non toxic by mistake, and therefore authorizing a dangerous product). If that’s true, it certainly says something of the institutional framework (I am thinking broadly of the relationships between businesses, governments, scientists and scientific authorities, and the media) surrounding this issue, which is well worth analyzing.

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  • Sign the petition asking to secure the EU research and innovation budget

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    In a time of crisis, research budgets are in danger across Europe. Narrow and short-term political vision may lead to cuts, which will endanger the future of science and innovation in the Euro-zone. Following an open letter of 42 European Nobel Laureates and 5 Fields Medallists (see below), the following online petition expresses our concern with this situation, ahead of the next summit of the European Union heads of states and governments of November 22 and 23.

    Here is the letter’s full text in French (here is the link to the letter with a choice of language):

    Chaque crise présente des opportunités à saisir. La crise actuelle nous contraint à opérer des choix : l’un d’eux concerne la recherche scientifique et le soutien qu’il convient de lui apporter. En l’an 2000, les chefs d’Etat ou de gouvernement de l’Union européenne (UE), les présidents des institutions de l’UE et leurs prédécesseurs ont établi que l’Europe deviendrait “l’économie de la connaissance la plus dynamique du monde dès 2010″. L’intention était noble et ambitieuse, mais cet objectif n’est pas encore atteint.

    La science peut assurément nous aider à trouver les réponses aux nombreux problèmes urgents auxquels nous devons faire face : découvrir de nouvelles sources d’énergie, de nouvelles formes de production et de nouveaux produits, ainsi que des moyens plus adéquats pour saisir comment évoluent nos sociétés et comment mieux les organiser. Nous sommes aujourd’hui au début d’une période révolutionnaire et une nouvelle compréhension du fonctionnement du corps humain aura des conséquences incalculables pour notre santé et notre longévité.

    L’Europe est aux avant-postes de la recherche scientifique dans de nombreux domaines. Transformer la connaissance en services, en savoir-faire industriels et en nouveaux produits innovants est la seule voie possible pour une Europe compétitive dans un paysage en mutation rapide, et pour garantir sa prospérité à l’avenir.

    Les savoirs n’ont pas de frontières. Le recrutement des chercheurs de haut niveau est très concurrentiel sur le marché international. L’Europe peut difficilement se permettre de perdre ses meilleurs chercheurs et enseignants, et elle gagnerait bien plus à attirer les talents étrangers. Réduire le financement de la recherche d’excellence aurait pour conséquence inéluctable un appauvrissement de la formation des chercheurs. Une baisse conséquente du budget de l’UE consacré à la recherche et à l’innovation nous mettrait en danger : celui de sacrifier une génération entière de scientifiques de haut niveau, au moment même où l’Europe en a le plus besoin.

    Le Conseil européen de la recherche (ERC) a acquis à cet égard et en très peu de temps, une reconnaissance et une réputation mondiales. Il finance les chercheurs les plus prometteurs, partout en Europe et quelle que soit leur nationalité; en un mot, des chercheurs excellents, des projets excellents. L’ERC apporte ainsi un complément opportun et décisif aux financements nationaux destinés à la recherche fondamentale.

    Le financement de la recherche au niveau de l’UE est un catalyseur qui vise une meilleure utilisation des ressources qui sont les nôtres et qui rend les financements nationaux plus actifs et plus efficaces. C’est dire si les ressources de l’UE sont inestimables. Elles ont permis de réelles avancées pour la science européenne. Elles ont aussi renforcé la compétitivité internationale et ont eu des effets bénéfiques pour toute la société.

    Nous considérons qu’il est essentiel de soutenir, et plus important encore, de stimuler l’extraordinaire richesse du potentiel qui existe en Europe en matière de recherche et d’innovation. Nous sommes convaincus que la jeune génération de chercheurs fera aussi entendre sa voix et que les chefs d’Etat ou de gouvernement de l’Union européenne seront à l’écoute de ce qu’ils ont à dire.

    Les 22 et 23 novembre, se tient à Bruxelles la réunion des chefs d’Etat ou de gouvernement, au cours de laquelle le budget de l’UE pour la période 2014-2020 sera discuté. La question que nous leur posons est simple : à l’heure où le budget européen est déterminé et bientôt annoncé, quels seront le rôle et la part de la science dans l’Europe du futur ?

    quarante-sept lauréats des prix Nobel et médailles Fields
    Signataires

    Prix Nobels signataires : Sidney Altman, chimie, 1989 ; Werner Arber, médecine, 1978 ; Robert J. Aumann, économie, 2005 ; Francoise Barré-Sinoussi, médecine, 2008 ; Günter Blobel, médecine, 1999 ; Mario Capecchi, médecine, 2007 ; Aaron Ciechanover, chimie, 2004 ; Claude Cohen-Tannoudji, physique, 1997 ; Johann Deisenhofer, chimie, 1988 ; Richard R. Ernst, chimie, 1991 ; Gerhart Ertl, chimie, 2007 ; Sir Martin Evans, médecine, 2007 ; Albert Fert, physique, 2007 ; Andre Geim, physique, 2010 ; Serge Haroche, physique, 2012 ; Avram Hershko, chimie, 2004 ; Jules A. Hoffmann, médecine, 2011 ; Roald Hoffmann, chimie, 1981 ; Robert Huber, chimie, 1988 ; Sir Tim Hunt, médecine, 2001 ; Eric R. Kandel, médecine, 2000 ; Klaus von Klitzing, physique, 1985 ; Sir Harold Kroto, chimie, 1996 ; Finn Kydland, économie, 2004 ; Jean-Marie Lehn, chimie, 1987 ; Eric S. Maskin, économie, 2007 ; Dale T. Mortensen, économie, 2010 ; Erwin Neher, médecine, 1991 ; Konstantin Novoselov, physique, 2010 ; Sir Paul Nurse, médecine, 2001 ; Christiane Nüsslein-Volhard, médecine, 1995 ; Venkatraman Ramakrishnan, chimie, 2009 ; Richard J. Roberts, médecine, 1993 ; Heinrich Rohrer, physique, 1986 ; Bert Sakmann, médecine, 1991 ; Bengt I. Samuelsson, médecine, 1982 ; John E. Sulston, médecine, 2002 ; Jack W. Szostak, médecine, 2009 ; John E. Walker, chimie, 1997 ; Ada E. Yonath, chimie, 2009 ; Rolf Zinkernagel, médecine, 1996 ; Harald zur Hausen, médecine, 2008.

    Médaille Fields signataires : Pierre Deligne, 1978 ; Timothy Gowers, 1988 ; Maxim Kontsevich, 1998 ; Stanislav Smirnov, 2010 ; Cedric Villani, 2010.

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  • Corruption in the time of austerity

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    On Thursday and Friday, TSE and Arqade organized the 11th European Development Network (EUDN) PhD Workshop on Development Economics. Good opportunity to meet students working on development issues from all over Europe and get a feel of what they are doing.

    Oana Borcan, from University of Gothenburg, presented a nice paper showing disturbing evidence of the impact of a large austerity plan in Romania (which translated into a 25% wage cut for public servants) on the prevalence of corruption during the national Baccalaureate exam.

    The Impact of an Unexpected Wage Cut on Corruption: Evidence from a “Xeroxed” Exam

    This paper aims to understand how corruption responds to financial incentives and, in particular, it is an attempt to identify the causal impact of a wage loss on the prevalence of corruption in the education sector. Specifically, we exploit the unexpected wage cut in May 2010 that affected all Romanian public sector employees, including the public education staff, and examine its effect on students’ scores on the high-stakes national exam which occurs at the end of high school—the Baccalaureate. To exploit the effect of an income shock on corruption, we use a difference-in-difference strategy and compare the change in the exam outcomes between the public schools—the treatment group—and the private schools—the control group, which were unaffected by the wage cut. Our findings suggest that the wage loss led the public schools to have better exam outcomes than the private schools in 2010 relative to 2009. We attribute this difference to the increased involvement in corrupt activities by public school staff, which was driven by financial incentives. These results match an unprecedentedly high number of allegations of fraud and bribery against school principals, which earned the 2010 Baccalaureate the title of the Xeroxed exam—akin to identical test answers found to have been distributed to numerous students.

    Now, think of the current wave of austerity measures being applied in several European countries, including Greece, Portugal, Spain, etc., some of which contemplate wage reductions of similar magnitude. Shouldn’t we think about the potential damages resulting from the shift in social norms and values that may accompany these policies? In particular, while it’s been often claimed that part of the budgetary problems facing countries like Greece also have to do with a culture of corruption and informality, it would be ironical if the proposed austerity cure actually made the corruption problem worse.

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  • Compute your future H-index

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    Scientists anxious about their future success can now costlessly get a glimpse of where they will stand in 10 years from now! As this Nature Comment explains (access restricted to subscribers), you can now use a simple formula to predict your future, (5- or 10-years into the future) H-index. Here is the online tool to apply it on yourself.

    If you are an economist, I suggest you replace the list of top journals (Nature, Science, Nature Neuroscience, Proceedings of the National Academy of Sciences and Neuron), by the 5 “core journals” (AER, Econometrica, REStud, JPE, QJE).

    If the results are great, let your colleagues know as soon as possible. If they are disappointing, just conclude this approach makes no sense. By the way, I got a 10-years prediction of 25…

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  • Away from blogging

    trees

    In the next three weeks I’ll be taking a break from blogging. Thank you to those, who visited this site in the last few months, and see you in September with (hopefully) a fresh, renewed look on things.

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