• Bruno Deffains: la liberté d’expression des chercheurs en question

    Bruno Deffains

    C’est avec un certain étonnement que j’ais lu il y a quelques jours cet article du nouvel observateur, qui relate la façon dont Free a porté plainte pour délit de dénigrement contre notre collègue Bruno Deffains, professeur d’économie à l’université de Paris-II Panthéon-Assas.

    Je n’ai pas d’opinion définitive sur l’avis exprimé par Bruno Deffains dans son article publié par les échos sur l’impact en terme d’emploi et de bien-être économique de l’entrée du quatrième opérateur, en l’occurrence Free, sur le marché de la téléphonie mobile. C’est un sujet complexe, sur lequel il y aurait sans doute pas mal de travail à faire, comme le montre par exemple cet échange entre Bruno Deffains et David Thesmar, auteur par ailleurs avec mon collègue de Toulouse Augustin Landier, d’un rapport sur ce sujet à la demande de Free.

    Ce dont je suis sur, c’est qu’il n’est pas acceptable que la liberté d’expression d’un chercheur qui prend la responsabilité de rendre publique une analyse soit ainsi mise en cause, même si on peut par ailleurs dans le cadre du débat questionner ses hypothèses, ses méthodes ou ses résultats, à condition bien sur d’en proposer de meilleurs. La réponse de David Thesmar à la question sur sa propre motivation pour réaliser ce travail mérite sans doute d’être citée à ce propos.

    Votre travail, David Thesmar, a, lui, répondu à une demande précise de Free… Quelle était la feuille de route ?

    D. T. : Je regrette, comme Bruno, que ce débat ne puisse avoir lieu plus sereinement. On ne juge pas de la qualité d’un travail universitaire dans un tribunal… C’est vrai, pour notre part, nous avons été rémunérés par Free pour réaliser ce travail. Ceci en toute transparence, ce qui est une innovation dans le débat français, où l’on est traditionnellement « pudique » sur ces questions-là. La commande de départ était une étude indépendante sur l’impact macroéconomique de l’attribution de la 4e licence mobile. Nous étions libres d’écrire des choses défavorables ; mais la question ne s’est pas posée.

    Bruno Deffains, pour sa part, a clairement nié avoir travaillé sur commande, et il n’y a aucune raison d’en douter. Et s’il l’avait fait, comme ses collègues, cela ne constituerait pas un délit.

    Je relaye ici l’adresse de la pétition de soutien à Bruno Deffains, déjà signée par de nombreux collègues et citoyens. Le texte suivant en constitue une bonne introduction:

    Bonjour,
    Comme vous le savez peut-être déjà, notre collègue Bruno Deffains (Université Panthéon-Assas) est actuellement sous le coup d’une procédure de justice dans le cadre d’un dépôt de plainte pour délit de dénigrement. Il a récemment reçu la visite d’un huissier de justice à son domicile privé pour saisir sa correspondance électronique et procéder à des recherches sur le disque dur de son ordinateur personnel.
    Beaucoup d’entre nous ont été choqué par cette histoire. Nous avons donc pris l’initiative, en accord avec Bruno Deffains et après avoir consulté un certain nombre d’entre vous de rédiger une pétition de soutien que nous vous proposons de signer.
    L’idée n’est pas de nous positionner sur le fond du débat dans lequel s’est engagé Bruno Deffains, mais de défendre notre liberté à exprimer nos points de vue scientifiques sans risquer de nous faire intimider par des procédés tels que ceux que subissent actuellement notre collègue.
    Nous avons d’ores et déjà pris des contacts avec un hebdomadaire afin de diffuser cette pétition ainsi que ces premiers signataires la semaine prochaine.
    Frédéric Jouneau-Sion (Université Lille 3, frederic.jouneau@univ-lille3.fr [7])
    Etienne Lehmann (Université Panthéon-Assas et CREST etienne.lehmann@ensae.fr [8])
    Alain Ayong le Kama (Université de Paris Ouest Nanterre La Défense)

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    • Fernández Bogado y las transferencias sociales

      pobreza

      Me llama la atención el comentario publicado en el blog Ultima Hora por Benjamín Fernández Bogado, pues reúne en pocas líneas todos los clichés sobre políticas sociales que se suelen escuchar de parte de gente poco informada. Estos son:

      – que estas transferencias tienden a mantener la gente que las recibe en situación de dependencia;
      – que se implementan en reemplazo de otras políticas que sí podrían ayudar a combatir la pobreza;
      – que las condiciones impuestas no funcionan y son meras justificaciones para esconder la falta de políticas apropiadas, etc.

      El problema es que la mayoría de estas afirmaciones carecen de sustento empírico. En realidad, estos programas, que han sido desarrollados en todo el mundo desde los años noventa, han demostrado ser bastante eficaz en dos dimensiones:

      – Son un mecanismo de redistribución muy ágil, como se ha demostrado en Brasil, donde millones han salido de la pobreza en los últimos 10 años. Esto es muy importante en países donde otros programas de seguro social como seguros de salud, de desempleo, etc., son inexistentes para una mayoría de la población.
      – El impacto de las condiciones sobre la escolaridad de los niños ha sido muy favorables. Aumenta la presencia en la escuela, se reduce el abandono escolar, y al final la cantidad de niños completando ciclos se incrementa notablemente.

      Si bien es cierto que pueden existir efectos negativos porque la ayuda desincentiva a los recipientes (un efecto que los economistas conocen bien, lo llaman “riesgo moral”), los efectos positivos dominan ampliamente.

      En un post previo había mencionado estos puntos, dando unos enlaces hacia evaluaciones de dichos programas, y lamentado sin embargo una falta de evaluación en el caso paraguayo:


      Me asombra que a los tres años de haberse hecho cargo este gobierno, que marca una ruptura histórica en Paraguay en muchos aspectos, no se tengan estudios serios evaluando el impacto de reformas como la extensión de cinco a más de cien mil familias del programa de transferencias condicionadas, o la gratuidad y la extensión del acceso a los servicios de salud. Es irrisorio que le gobierno esperé un impacto a corto plazo sobre la tasa de crecimiento global, pues eso no va a acontecer en un país que depende esencialmente para su crecimiento formal del sector agropecuario intensivo. Pero si se deberían ver efectos claros en indicadores de desarrollo microeconómico como la salud (mortalidad infantil y maternal por ejemplo), la escolaridad o la pobreza. Estudios son legión en Brasil o México sobre programas similares (ver por ejemplo aquí).

      En todo caso, lamento que posturas intelectuales sin documentación previa lleven a desechar sin análisis lo que es probablemente la medida de mayor impacto social en estos últimos 4 años en el Paraguay.

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